La plaidoirie de Maitre Senard au proces de Flaubert (fevrier 1857)

Messieurs, M. Gustave Flaubert est accuse devant vous d’avoir fera un mauvais livre, d’avoir, dans ce livre, outrage Notre morale publique et J’ai religion.

M. Gustave Flaubert est aupres de moi ; il affirme devant vous qu’il a fait un livre honnete ; il affirme devant vous que la pensee de son livre, depuis Notre toute premiere ligne jusqu’a Notre derniere, est une pensee morale, religieuse, et que, si elle n’etait pas denaturee (nous avons vu pendant un tournemain votre que est en mesure de un grand talent pour denaturer une pensee), elle pourrait etre (et cette dernii?re reviendra bien a l’heure) pour vous votre qu’elle fut deja Afin de nos lecteurs du livre, une pensee eminemment morale et religieuse pouvant se traduire via ces mots : l’excitation a la vertu avec l’horreur du vice.

Je vous apporte ici l’affirmation de M. Gustave Flaubert, ainsi, je la mets hardiment en regard du requisitoire du ministere public, car votre affirmation est grave ; elle l’est avec l’individu qui l’a faite, elle l’est avec nos circonstances qui ont preside a l’execution du livre que je vais vous faire connaitre.

L’affirmation est deja grave par la personne qui Notre fait, ainsi,, permettez-moi de vous le dire, M. Gustave Flaubert n’etait jamais me concernant un inconnu qui eut besoin aupres de moi de astuces, qui eut des informations a me donner, je ne dis jamais sur sa moralite, mais sur sa dignite. Je viens ici, dans votre enceinte, remplir un devoir de conscience, apres avoir lu le livre, apres avoir senti s’exhaler avec votre lecture tout ce que celui-ci y a en moi d’honnete et de profondement religieux. Mais, en aussi temps que je viens remplir un devoir de conscience, je viens remplir un devoir d’amitie. J’me rappelle, je ne saurais oublier que le pere fut i  mon sens 1 vieil ami. Le pere, de l’amitie duquel J’me suis longtemps honore, honore jusqu’au dernier jour, son pere et, permettez-moi de le dire, son agremente pere, fut pendant environ trente annees chirurgien en chef de l’Hotel-Dieu de Rouen. Cela fut le prosecteur de Dupuytren ; en donnant a la science de grands enseignements, il l’a dotee de grands noms ; je n’en souhaite citer qu’un seul, Cloquet. Cela n’a jamais seulement laisse lui-meme votre beau nom dans la science, depuis laisse de grands souvenirs, pour d’immenses services rendus a l’humanite. Et en meme moment que J’me souviens de faire mes liaisons avec lui, je veux vous le dire, le gamin, qui est traduit en police correctionnelle pour outrage a la morale et a la religion, le gamin est l’ami de mes enfants, comme j’etais l’ami de le pere. Je sais sa pensee, je sais ses intentions, et l’avocat a ici le droit de se poser comme la caution personnelle de son client.

Messieurs, un grand nom et de grands souvenirs obligent. Mes enfants de M. Flaubert ne lui ont nullement failli. Ils etaient trois, deux fils et une fille, morte a vingt et un annees. L’aine a ete juge digne de succeder a le pere : et c’est lui qui, aujourd’hui, remplit deja depuis quelques annees la mission que le pere a remplie pendant trente ans. Notre moins i?ge, le voila : il est a votre barre. En leur laissant une fortune considerable et https://datingmentor.org/fr/swinging-heaven-review/ un grand nom, un pere leur a laisse le besoin d’etre des hommes d’intelligence ainsi que coeur, des hommes indispensables. Le frere de mon client s’est lance dans une carriere ou les services rendus seront de constamment. Celui-ci a devoue sa life a l’etude, a toutes les lettres, ainsi, l’ouvrage qu’on poursuit en ce moment devant vous reste son premier ouvrage. Ce premier ouvrage, messieurs, qui provoque des passions, au dire de M. l’ Avocat imperial, reste le resultat de longues etudes, de grandes meditations. M. Gustave Flaubert reste votre homme tout d’un caractere bon porte via sa nature aux trucs graves, a toutes les choses tristes. Ce n’est nullement l’homme que le ministere public, avec quinze ou vingt lignes mordues ca et la, est venu vous presenter comme un faiseur de tableaux lascifs. Non ; ils font dans sa nature, je le repete, tout votre qu’on peut imaginer au monde De surcroi®t grave, De surcroit serieux, mais en meme moment En plus triste. Son livre, en retablissant seulement une phrase, en mettant a cote des quelques lignes citees des plusieurs lignes qui precedent et qui suivent, reprendra bientot devant vous une veritable couleur, en meme moment qu’il fera connaitre les intentions de l’auteur. Et, d’la parole trop habile que vous avez entendue, il ne restera dans vos souvenirs qu’un sentiment d’admiration profonde pour un talent lequel pourra tout transformer.

Je vous ai dit que M. Gustave Flaubert etait votre homme bon et grave. Ses etudes, conformes a J’ai nature de son esprit, ont ete serieuses et larges. Elles ont embrasse non seulement toutes les branches une litterature, mais le droit. M. Flaubert est votre homme qui ne s’est gui?re contente des observations que pouvait lui fournir le milieu ou il a vecu ; il a interroge d’autres milieux : Qui mores multorum vidit et urbes.